"J’ai été parachuté dans la nuit du 6 juin 1944 à
7 kilomètres à l’intérieur des terres au niveau de Villers-sur-Mer, à
environ 20 kilomètres de notre objectif. Peu après avoir atterri, j’ai
retrouvé le Private Renwick (qui est maintenant prisonnier de guerre).
Nous sommes tombés sur une patrouille à vélo. Je crois que c’était des SS et
j’en ai tué trois. Nous avons pu entrer en contact avec un groupe constitué
de deux officiers et 33 hommes du rang et nous avons progressé avec eux en
direction de nos lignes. Nous nous sommes divisés en plusieurs groupes et
j’ai continué dans un groupe de trois et nous avons traversé la Dives. Après
l’avoir traversé, nous avons retrouvé un groupe de six soldats et nous avons
essayé à cinq reprises de rejoindre nos lignes. Ridgeway, un pilote de
planeur, et moi-même avons été capturés à l’ouest de Troarn (U1667) le 2
juillet alors que nous tentions de traverser les lignes vêtus de vêtements
civils que nous avaient donnés des français.
Nous avons eu beaucoup de problèmes avec un colonel allemand qui voulait
nous faire fusiller car nous étions en civil. Nous lui avons montré les
uniformes que nous avions cachés et il a accepté de nous considérer comme
prisonniers de guerre.
J’ai été emmené à un QG de division (localisation inconnue) et nous avons
été interrogés. Le 3 juillet, nous avons été emmené à Bonnebosq et j’ai été
gardé là jusqu’au 17 juillet et ensuite j’ai été emmené à Frenay le Bufard,
à environ cinq kilomètres de Palains.
Le 20 juillet, le F/Lt J. Campbell, pilote de Spitfire, le 2 Lt Rudolf
Augarden, un américain, W.O. Zacharuck, un Flight Lieutenant dans la RAF
prénommé David et un private qui était membre de la 12th parachute Bn et
moi-même avons scié le plafond d’une étable avec un petit couteau servant
normalement à couper le pain. Nous avons repoussé les planches et nous nous
sommes hissés dans la grange. Nous sommes ensuite descendus jusqu’à la rue
menant à l’entrée principale du camp avec une corde faite de couvertures et
d’une corde de parachute. Nous sommes partis par groupes de deux. Mon
compagnon était W.O. Zacharuck de la RCAF. Nous avons marché plein sud et
nous sommes arrivés près de Courtelle et là nous avons établi le contact
avec des résistants. Ils nous ont caché entre Courtelle et Giel dans une
grange jusqu’au du 2 août environ. De là, les résistants nous ont emmenés en
civil jusqu’à Habloville. On est resté là jusqu’aux environs du 15 août dans
une pièce jouxtant un café.
Nous avons aidé la résistance dans la manipulation des armes et nous les
avons assistés lors de leurs raids.
Après avoir été pourchassés et après nous être de nouveau cachés dans une
grange à Montgaroult, nous avons marché en direction de nos lignes et nous
les avons atteintes à 2 kilomètres d’Ecouche.
Nous avons été évacués vers Bayeux et nous avons quitté la Normandie le 23
août." |